La guitare et la dérive du silence par Jean-Marc ROULET

"Suite à ma lecture d’un compte-rendu concernant les Internationales de la guitare de Montpellier je ne peux m’empêcher de prendre la balle au bond.Le rédacteur de l’article concernant le récital sonorisé de J. Williams fait preuve à la fois de prudence et de grande lucidité... Merci pour cette trouvaille verbale remarquablement bien assujettie à la guitare, concernant la perte de « son timbre charnel"...

..."D’une manière très générale la démagogie la plus perverse à tous les niveaux de l’éducation et de la culture musicale fait des ravages, ce n’est pas nouveau, et notre bel instrument en fait bel et bien les frais. Nous gagnons en quantité et perdons en qualité..."

..."J’ai connu dans le passé certains collègues talentueux qui en avant de commencer leur récital patientaient environ deux minutes figés sur leur siège afin d’obtenir un silence digne de ce nom. Et deux minutes dans ce genre de situation...c’est long. Aujourd’hui ils s’exposeraient à quelques rires narquois voire des sifflets avec en prime le déclenchement malheureux d’un téléphone portable suivi du « Oh, excusez-moi » de rigueur... "

..."Il y a seulement trois décennies un certain Julian Bream disséminait les harmoniques du « Nocturnal » jusqu’au deuxième balcon du Théâtre des Champs Elysées sans amplification au moyen d’une petite guitare en épicéa et dans un silence digne de ce nom.."

..."Est-il nécessaire d’insuffler coûte que coûte et contre nature des décibels à un instrument qui ne demande rien ? Et ne doit-on pas refaire l’éducation d’un certain public s’il le faut? ..."

..." Il y a cinq siècles de cela un chinois bien illuminé (Lao Tseu) a trouvé un truc rigolo, délirant : « La grande musique est muette. » Je n’hésiterais pas à le plagier très humblement : « La grande guitare appartient au silence ...»

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Réfléxions
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