Cher(e)s ami(e)s,

Pour celles et ceux, toujours plus nombreux et fidèles, qui sont attachés à ce rendez-vous automnal qu’est le Festival International de Guitare de Paris, 2012 a été d'une saveur toute particulière. Ce fut la dixième édition. Il est des âges où, croit-on, l’Horloge du Temps tourne moins vite. Ces quelques lignes sont le prolongement de cette rassurante illusion. Profitons-en pour jeter un coup d’œil dans le rétroviseur.

En 1996, la disparition du Concours International de Radio-France fondé par Robert-J. Vidal laisse un vide. Les concerts de guitare se font de plus en plus rares. Notre instrument reprend, sans rien dire, sa place de parent pauvre. C’est cet amer constat qui pousse l’association « vous avez dit guitare ? » à créer, en 2003, le premier Festival International de Guitare de Paris, pour redonner une place de choix à notre instrument dans la vie artistique de la capitale. En dix ans, cet évènement est devenu bien plus qu’une succession de concerts, une rencontre autour de la guitare : salon de lutherie, master-class, conférences, concerts « guitares à suivre »…sans lesquels le festival ne serait pas le festival.

Durant ces dix années, l’association «vous avez dit guitare ? » s’est donné une mission : défendre la guitare classique. La diversité des styles de notre instrument en fait sa richesse, mais, à force d’être plurielle, la guitare prend le risque de n’être plus rien… et de se couper de l’essentiel, l’Histoire de la Musique, patrimoine qu’elle partage avec tous les autres instruments. Et si cette conception erronée de la guitare classique expliquait la mise au ban des festivals généralistes qu’elle subit encore beaucoup trop ?

Défendre la guitare classique c’est aussi défendre son identité. La guitare est un instrument intime. Sa riche palette sonore lui confère une subtilité rare. Il nous tient à cœur de mettre en valeur ces qualités. Nous privilégions ainsi une salle adaptée, dans laquelle notre instrument nous livre la meilleure part de lui-même. Ici, point d’amplification, triste exemple d’une époque de folies des grandeurs, du toujours plus, qui finit par devenir un toujours moins…d’authenticité, de cette modestie fière, qui fait de la guitare ce qu’elle est.

Nous nous efforçons de présenter le monde de la guitare classique d’aujourd’hui et, quelles que soient nos affinités musicales, la qualité artistique est l’unique boussole de notre programmation.

Il va sans dire que sans nos partenaires, le festival n’existerait pas. Nous pensons tout particulièrement à la Guitarreria ! Nous tenons à remercier également les éditions Henry Lemoine et la société Savarez pour leur indéfectible soutien depuis la création du festival. Saluons la fondation d’Addario notre nouveau partenaire.

De ces dix premières éditions, il reste à tous des souvenirs émus… La musique est cet éternel retour à l’essentiel, une vraie fontaine de jouvence. Comme le dit Vladimir Jankélevitch, le mystère de la musique réside dans « l’opération impalpable du Charme et dans l’innocence d’un acte poétique qui a le Temps pour seule dimension ». Les années passent mais le plaisir ne vieillit pas.

Vive le festival et rendez-vous pour la prochaine édition !

Tania Chagnot , Alexandre Mollier.
















Réfléxions
La guitare et la dérive du silence>



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Festival International de Guitare de Paris 2014 | Mentions légales | Staff | Réalisation : Julien Salvayre